El viaje de Pedro

vendredi 3 juillet 2009

Bienvenidos !

Hola! Bonjour à tous!

Je me présente : je m'appelle Pedro, j'ai un an et demi et je suis un alpaga péruvien. Né sur l'altiplano, je n'avais jamais eu l'occasion de bouger jusqu'alors. L'agence de voyage Viventura m'a offert cette opportunité en juillet 2009 et m'a permis de retourner sur les traces de mes ancêtres. Laissez-moi vous conter mon périple...

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samedi 4 juillet 2009

Altiplano - Lima

Nous y voilà enfin ! Samedi 4 juillet 2009. Depuis le temps que j'attendais cette date...

Le vol depuis l'altiplano se déroule dans de bonnes conditions : le siège est confortable (même si je ne suis pas prêt du hublot) et les hôtesses et stewards sont très attentionnés à mon égard. C'est finalement vers 17h35 heure locale (-7 heures par rapport à Paris) que l'avion atterrit sur la piste de l'aéroport Jorge Chávez de Callao. Le ciel est couvert mais la température est raisonnable.

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Les formalités sont vite expédiées, probablement parce que je suis un natif. Le temps de récupérer mon sac et hop! je pars à la rencontre de Nicolas et José, respectivement mon guide pour les trois semaines à venir et mon chauffeur pour les sept prochains jours. Je fais également la découverte de 11 de mes compagnons de voyage. Tous sont des Français. Ils ont l'air sympa. Les trois derniers arriveront tard ce soir en provenance de Caracas au Venezuela.

Le bus nous conduit ensuite dans un petit hôtel, la Casa de Baraybar, situé en plein cœur du quartier de Miraflores. Le temps de déposer les bagages et de faire un brin de toilette, puis nous repartons déjeuner dans un restaurant du quartier. Anticuchos au menu ce soir. Ce plat péruvien, généralement accompagné de pommes de terre grillées, est constitué par des brochettes de petits morceaux de cœur de bœuf qui ont macéré dans du vinaigre. Succulent! Mais la soirée passe vite et déjà arrive l'heure de se coucher. Bonne nuit!

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dimanche 5 juillet 2009

Lima - Pisco

Ce matin, le ciel est toujours couvert, sans pour autant être menaçant. La température est douce mais cela n'est guère étonnant puisque c'est l'hiver dans l'hémisphère sud. Après un petit déjeuner copieux et un briefing rapide (conduit en main de maître par Nicolas), le groupe se réunit dans le hall de l'hôtel puis embarque dans le bus de José. Masiel, notre guide liménienne, fait également partie des passagers. Nous traversons plusieurs quartiers de la capitale péruvienne avant de rejoindre le cœur historique de la cité. Le trafic est fluide mais nous sommes dimanche et il est encore de bonne heure.

Premier arrêt : la plaza San Martín. Cette place fut construite en 1921, une centaine d'année après la déclaration d'indépendance du général San Martín. Rénovée en 1997, elle est aujourd'hui occupée en son centre par la statue équestre du général posée sur un piédestal blanc. Tout autour, des hôtels, des boutiques et des échoppes.

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Masiel et Nicolas nous emmènent ensuite vers le nord et la Jirón de la Unión. Nous remontons entièrement cette artère commerçante qui conduit jusqu'à la célèbre Plaza de Armas.

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En chemin, nous passons devant la Iglesia de la Merced à la façade plutôt surprenante :

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Quelques mètres supplémentaires et nous y voilà enfin : la Plaza de Armas!

Cette place au style clairement colonial constitue le cœur même de la cité. De gauche à droite, je peux successivement observer la municipalidad (1945), le palais du Gouvernement (1924), la maison du Juge (l'une des plus vieilles maisons de la ville), le palais de l'archevêché et enfin la cathédrale (1746). Une fontaine de bronze occupe le centre de cet espace, également caractéristique en raison de ses galeries à arcades.

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Nous écoutons les explications de Masiel au sujet de l'endroit puis, une fois celles-ci terminées, nous reprenons très rapidement nos instincts de touristes : quelques photos devant les deux monuments-phare du lieu, puis une première photo de groupe pour illustrer le journal de bord Viventura.

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De là, nous nous dirigeons à pied vers le Rímac, le fleuve qui traverse la ville historique. Nous apercevons de l'autre côté le quartier homonyme dominé par la colline San Cristobal. Ce quartier du Rímac fut à l'origine occupé par l'aristocratie espagnole qui y avait ses palais. Il est depuis devenu un quartier pauvre.

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Pour moi qui n'ai pas l'habitude de la ville, la transition entre le centre historique et le quartier de Rímac est d'autant plus saisissante qu'elle se révèle brutale : le fleuve Rímac (ou plutôt l'étroit filet d'eau qu'il en reste) semble servir de frontière entre un quartier historique richement doté en édifices monumentaux et un quartier défavorisé aux façades "dépouillées". Et cette frontière est hermétique puisque même nous, les touristes, ne la franchissons pas.

Nous revenons en effet sur la Plaza de Armas avant de prendre la direction de l'église et du couvent San Francisco. D'après le Routard, il s'agit d'un des ensembles coloniaux les mieux préservés, notamment parce qu'il a résisté au terrible séisme de 1746. Il est composé de gauche à droite de l'église de la Soledad, d'un monastère et d'un musée, et enfin de l'église San Francisco proprement dite. La visite du monastère est selon moi intéressante en raison de son très beau cloître et de ses catacombes (mais attention, les ossements sont aujourd'hui présentés de manière aseptisée, les fameux "os rangés").

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Sur l'esplanade, une cantine populaire m'attire d'abord le regard :

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Sa simplicité contraste avec les édifices alentours mais donne à l'ensemble un certain charme.

Autre phénomène curieux pour moi, tous les pigeons de la ville semblent s'être donnés rendez-vous sur la façade de ce monument. Jugez-en par vous-même :

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Une véritable galerie de portraits ... très bien ordonnée qui plus est.

Je terminerai en évoquant les quelques vautours qui planent majestueusement autour des deux clochers. Le meilleur endroit pour les observer est incontestablement le cloître du monastère évoqué plus haut.

L'heure tourne et déjà nous regagnons la Plaza de Armas pour assister à la relève de la garde qui a lieu tous les jours à midi. L'ambiance est solennelle mais l'évènement est un peu décevant puisque nous sommes relégués à une certaine distance de ce dernier :

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La relève étant assurée, nous pouvons à présent nous rendre vers la cathédrale construite après le séisme de 1746 sur les ruines d'un sanctuaire antérieur. Notez qu'à droite de l'entrée se trouve une chapelle abritant le cénotaphe de Francisco Pizarro.

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La visite est là encore rapide puisqu'une messe va bientôt avoir lieu. Les signes avant-coureurs sont très visibles :

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Nicolas nous mène alors jusqu'à un changeur de rue pour que mes compagnons de voyage puissent échanger leurs euros et leurs dollars contre des soles, la monnaie nationale. Ces agents officiels peuvent certes étonner les touristes débarquant au Pérou mais personnellement, je les préfère largement aux offices traditionnels.

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Nos billets en poche, Nico nous guide jusqu'à une cevicheria toute proche pour déguster le ceviche. Ce plat national consiste en de petits morceaux de poisson cru macérés dans du jus de citron vert. Il est la plupart du temps accompagné d'oignons, de patates douces et de maïs. Un délice qu'il faut absolument découvrir!

Nous faisons nos adieux au centre historique de Lima et reprenons le bus jusqu'à Miraflores et son Jardin de l'Amour. Sur le chemin, quelques détails attirent mon attention :

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Quelques dizaines de minutes supplémentaires s'écoulent tandis que le paysage urbain défile. A ma grande surprise, la cité se révèle moins homogène que je ne le pensais. L'architecture est même relativement variée et les influences sont multiples.

Une fois au bord de l'océan à Miraflores, trouver le parc de l'amour s'avère un jeu d'enfant : il suffit de suivre les indices...

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Le lieu, situé à flanc de falaises et surplombant le Pacifique, invite à la flânerie. Il est entouré d'un petit muret entièrement recouvert de mosaïques où sont reprises des phrases de divers poètes et écrivains. Les jeunes amoureux de Lima s'y retrouvent ... ainsi que les touristes et les amateurs de parapentes.

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Le "Jardin de l'Amour", c'est donc un endroit RO-MAN-TI-QUE. En clair, c'est ça :

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Bon je m'égare : vous n'êtes pas des alpagas, vous ne pouvez pas comprendre.

Nous avons donc repris le bus et dit adieux à Lima. Pendant longtemps encore, nous longeons les faubourgs de la ville qui s'étendent sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.

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Puis, l'habitat se fait de moins en moins dense et nous découvrons la beauté de la côte pacifique désertique.

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C'est à la tombée de la nuit (et après 220 km de route) que nous arrivons à notre petit hôtel, la Posada Hispana de Pisco. Mais je dois vous laisser car mes compagnons m'attendent pour savourer le cocktail national péruvien, le "pisco sour". Le devoir m'appelle ;-)

Hasta mañana (à demain) !

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lundi 6 juillet 2009

Pisco - Ica

Arrivés hier soir dans la ville au crépuscule, nous n'avions pas eu l'occasion de nous en rendre compte. Et pourtant ce matin lorsque je suis sorti de l'hôtel, cela m'a sauté aux yeux : Pisco est une ville meurtrie qui porte encore les stigmates du terrible tremblement de terre du 15 août 2007 (800 morts en 3 minutes).

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Depuis cette catastrophe meurtrière, la vie a progressivement repris son cours et la cité panse doucement ses plaies.

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Notre hôtel, la Posada Hispana, en est d'ailleurs un témoin éclatant :

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C'est sur cette note d'espoir que nous quittons la ville pour rejoindre la côte Pacifique. José nous conduit ce matin jusqu'à un petit port de pêche dénommé Paracas et situé à une quinzaine de kilomètres de Pisco. Nous devons en effet y prendre une vedette rapide pour rejoindre les îles Ballestas et leur faune marine, ainsi qu'un géoglyphe de 200m de haut et 60m de large tracé sur une falaise (le Candélabre).

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Mais, plus le départ approche, plus j'appréhende cette sortie en mer. Vous comprendrez aisément qu'un alpaga demeure un animal terrestre et n'a donc pas vocation à naviguer ... même pour deux petites heures. Le simple fait d'être prisonnier d'une frêle embarcation et de ne pouvoir en sortir me met mal à l'aise. Mais que vais-je bien pouvoir dire à Nicolas et aux autres membres du groupe ???

Les minutes s'égrainent lentement, et pourtant rien ne se passe. Les touristes sont groupés à l'entrée de l'embarcadère, mais aucun bateau n'est amarré. D'aucuns en profitent pour observer le front de mer où des pélicans de plus en plus nombreux assurent le spectacle :

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Et soudain le verdict tombe : il n'y aura pas de sortie aujourd'hui car l'océan est trop agité. Quel soulagement pour moi! Mais quelle déception pour mes compagnons de voyage! Nicolas, en guide expérimenté, assure et nous trouve tout de suite un plan B. Nous visiterons la Réserve Nationale de Paracas et nous irons à la rencontre des lions de mer à défaut de pouvoir prendre le large.

D'une superficie de 335 000 hectares, la Réserve Nationale de Paracas combine harmonieusement de grandes étendues désertiques et la côte Pacifique.

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C'est pour moi un lieu magique, envoûtant, où le mouvement perpétuel de l'océan contraste avec l'inertie du désert. Ici la nature est sauvage, le milieu paraît hostile, et pourtant la vie n'est pas absente. Je pense d'abord aux flamants roses de James qui prennent un bain de pattes à proximité du rivage. Mais l'apparition successive de pélicans, d'oiseaux marins et même de lions de mer me laisse entrevoir tout un écosystème dans lequel l'homme est également présent :

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Nous avons effectué plusieurs arrêts tout au long de la matinée. Chacun d'entre eux nous a fourni l'occasion d'admirer le paysage sous un angle différent. Chacun d'entre eux nous a permis de nous imprégner de l'endroit et de profiter de celui-ci. Que dire par exemple de la puissance de l'océan ce jour-là ?

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Ou que dire concernant ces formes insolites sculptées par le vent?

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Mais revenons à notre périple. La matinée touche à sa fin lorsque José nous conduit dans un village de pêcheurs, Lagunillas, situé au cœur de la réserve.

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Nous y retrouvons nos amis les pélicans qui patrouillent autour d'un restaurant de poissons.

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A l'intérieur de celui-ci, le patron nous attend pour nous montrer les poissons que lui et son équipe comptent préparer.

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Le bon souvenir laissé par le repas d'hier midi me conduit à commander un ceviche. Je ne le regrette pas car ce plat est toujours aussi bon et esthétique :

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L'"oeuvre" est vite engloutie sachant que la route nous appelle de nouveau. Adieu Paracas! Destination Ica.

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Nous effectuons une unique halte quelques kilomètres avant d'arriver à destination afin de visiter une bodega, c'est-à-dire une unité de production de pisco. Pour ceux d'entre vous qui ne le savent pas encore, le pisco est la boisson nationale de mon pays. C'est un alcool qui avoisine les 40° et qui est élaboré à partir de raisins. Le site ABC Latina précise à son égard : "Le pisco est donc une eau-de-vie de raisin. Mais il ne faut pas l'assimiler au marc ou à la grappa. Alors que ces derniers sont préparés avec les restes des grappes après extraction du moût (pour la fabrication de vin), et donc possèdent un arôme fort en bois, le pisco est le résultat de la distillation de la grappe entière. De plus, le raisin venant souvent de régions très chaudes, sa teneur en sucre est très élevée." (http://www.abc-latina.com/perou/div/pisco.htm).

Autrement dit, l'histoire du pisco commence ici :

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Se poursuit comme ça (en simplifiant un peu) :

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Et se termine toujours ainsi :

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Vous le comprendrez aisément, deux qualités essentielles doivent être réunies pour obtenir un bon pisco:

1. La patience puisqu'il faut laisser le temps au raisin de fermenter puis d'être distiller.

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2. Le dévouement afin de s'assurer de la bonne qualité de chaque produit.

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Une fois désaltérés, nous embarquons à bord du bus de José et gagnons notre hôtel de ce soir, la Villa Jasmín.

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Mais la journée n'est pas achevée puisque nous repartons très rapidement en direction de l'oasis d'Ica situé à quelques kilomètres de là. Au programme : tour en buggy dans le désert et descente de dunes en surf des sables. Les deux engins motorisés, à bord desquels mes compagnons et moi avons pris place, quittent rapidement l'oasis et sa route goudronnée pour s'engager sur une piste de sable. La première pente est raide mais nos engins ont l'habitude.

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Rapidement, le paysage devient surprenant et insolite. Les dunes de sable s'étendent à perte de vue tandis que l'astre solaire règne en maître dans le ciel bleu. On se croirait presque en plein milieu du Sahara alors même que nous étions au bord de l'océan il y a encore quelques heures. Les buggies foncent à vive allure d'une dune à l'autre. Montée, descente, montée, descente, ... s'enchainent à un rythme soutenu. En tant que passagers, nous sommes secoués dans tous les sens, mais le panorama en vaut largement la chandelle. Nos chauffeurs savent d'ailleurs s'arrêter aux endroits judicieux pour nous permettre d'observer les environs.

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Et aussi pour descendre certaines dunes en surf. Sensations garanties!

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Enfin, nous avons la chance d'assister au coucher du soleil. Un spectacle formidable pour un petit alpaga de l'altiplano.

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C'est sur ces notes colorées que nous regagnons notre hôtel. Bonne nuit!

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mardi 7 juillet 2009

Ica - Nazca

Le jour se lève sur Ica. Une nouvelle journée pleine de promesses débute. Comme chaque matin, nous regroupons nos affaires après le petit déjeuner, puis nous les emmenons jusqu'au bus stationné devant l'hôtel où le vaillant José les charge.

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Comme il n'y a pas de retardataires, le bus ne tarde pas à démarrer. Nous laissons Ica et son oasis derrière nous, puis nous prenons la direction de Nazca. Nous retrouvons à cette occasion notre "vieille" amie des jours antérieurs, la Panaméricaine, véritable épine dorsale du continent américain (elle relie parait-il Vancouver à Ushuaia).

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Le temps s'écoule paisiblement tandis que notre véhicule avale les kilomètres. Certains de mes compagnons de voyage en profitent pour faire un petit somme, d'autres observent le paysage qui défilent derrière les vitres. Je fais partie de ceux-là.

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Il faut dire que, malgré une apparente similarité, notre environnement se modifie sensiblement au fur et à mesure que nous progressons. La chaîne de collines que nous apercevions au loin ne cesse de se rapprocher. Et parfois, une oasis émerge brutalement là où quelques secondes auparavant je ne voyais qu'un désert aride.

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Nous effectuons notre premier arrêt de la journée au bout d'une heure environ. Aucune curiosité particulière ne pourrait le justifier puisqu'il n'y a rien dans les environs. Nous sommes simplement stationnés sur le bas côté de la route, le long d'une paroi rocheuse qui se hisse à la verticale.

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Compte tenu de la hauteur de ce "mur" minéral et de ma petite taille, l'autre côté de la route me semble tout de suite plus attrayant : à l'image d'un mirador, il offre un panorama sur les collines environnantes et la vallée en contrebas. Je traverse donc rapidement la bande de goudron en prenant soin de ne pas me faire écraser par les nombreux poids-lourds qui circulent.

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Mes amis français ne tardent pas à faire de même et là, notre instinct de touriste reprend le dessus. Clic-clac, clic-clac, clic-clac , .... Je me retrouve moi-même très vite assailli par une foule d'admirateurs. Brad Pitt et Angelina Jolie en seraient jaloux.

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Une fois la séance de travail terminée, nous retraversons la route avec prudence et nous remontons à bord du bus.

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Celui-ci rejoint alors la vallée, la traverse très rapidement puis franchit une nouvelle chaîne de collines pour arriver au Musée Maria Reiche. C'est ici que nous effectuons la première visite de la journée.

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Le musée Maria Reiche présente au public de nombreuses photographies, objets et documents retraçant la vie et l'œuvre de cette mathématicienne allemande. Cette femme hors-du-commun a en effet consacré 50 années de sa vie à l'étude, la conservation et la préservation des géoglyphes de Nazca.

Nicolas nous conduit d'abord dans deux petites pièces où sont rassemblés des documents et objets archéologiques appartenant à la culture nazca. J'y découvre quelques aspects du quotidien de cette civilisation brillante (techniques agricoles, pratiques funéraires, arts, ...).

Je me rends ensuite dans une pièce attenante dans laquelle a été reconstitué l'endroit où vivait Maria Reiche :

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En sortant, je passe devant le combi Volkswagen de la mathématicienne. C'est avec lui qu'elle a arpenté ce bout de désert péruvien, plantant sa tente au gré de ses recherches.

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Le Musée comprend enfin la tombe de la scientifique et de sa sœur.

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Je terminerai cette visite en évoquant une rencontre insolite dans le jardin du musée : un colibri observe les va-et-vient des visiteurs, caché dans les arbustes en fleurs. Saurez-vous le trouver ?

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Au terme de la visite, nous reprenons le bus pour parcourir les quelques kilomètres nous séparant de notre prochain arrêt : un mirador situé à l'entrée la zone archéologique de Nazca (à environ 30 km de cette cité).

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Depuis le sommet de cette structure métallique, la vue sur le désert et la Panaméricaine est imprenable.

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Mais nous découvrons surtout nos premiers géoglyphes : une main et un arbre.

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Ces figures sont creusées dans le sol sur une profondeur de 10 à 30 cm et sur une largeur pouvant atteindre 3 mètres. Toutes ont pour point commun d'avoir une entrée pour que des hommes puissent y pénétrer sans piétiner une ligne. Une hypothèse avance d'ailleurs que les Nazcas circulaient dans ces figures afin de leur donner vie et d'honorer ainsi leur dieux. Aujourd'hui, déplacer une simple pierre est sévèrement puni par la loi.

Nous reprenons une nouvelle fois la route ne pouvant résister à son appel.

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Ce faisant, nous arrivons à Nazca où Nicolas nous conduit dans deux ateliers artisanaux (le survol des lignes attendra encore un peu).

Premier atelier: celui de Tobi dont le père a redécouvert la technique originelle de fabrication des poteries nazca. Tobi nous invite tout de suite à pénétrer dans son atelier et nous fait une démonstration de son art. Ses explications sont claires et concises. Elles sont surtout très intéressantes. Passionné et passionnant, Tobi nous décrit dans les grandes lignes chacune des étapes nécessaires à la fabrication d'une poterie.

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Personnellement, je retiendrai de cette rencontre le caractère jovial du potier ainsi que sa virtuosité.

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La seconde visite est consacrée à un atelier d'extraction d'or. Dès la rue, la pauvreté, le dénuement et la dureté des conditions de vie sont nettement perceptibles. Cette impression se confirme lorsque je franchis le seuil de l'atelier. 

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L'atelier est détenu par un père et son fils qui mettent "gracieusement" à disposition des mineurs cet outil de travail. Laissez-moi vous expliquer plus en détails cette organisation géniale ou redoutable (à vous de vous faire votre propre opinion)!

Les mineurs, dont la survie et celle de leur famille dépend de cette activité, se rendent régulièrement dans les collines environnantes pour creuser la roche à la recherche du métal précieux. Leur fouille n'est jamais aléatoire. Pour savoir où est l'or et donc où creuser, les mineurs recherchent 4 minerais bien particuliers. Leur présence dans la même zone indique de manière quasi-certaine la présence d'un filon. Ils se mettent alors à concasser la roche et redescendent les gravas par dizaine de kilos jusqu'à un atelier comme celui dans lequel nous nous trouvons. A ce stade, la présence d'or est encore incertaine si bien que la rémunération l'est aussi.

Dans l'atelier, les gravas sont d'abord passés dans une machine qui les concassent.

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Puis, ils sont versés petit à petit sous un mortier pour être broyés.

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Pendant une dizaine d'heures, le mineur va alors se balancer pour actionner le mortier et piler le minerai. En rajoutant du mercure et d'autres substances tout aussi nocives, l'or va progressivement se dissocier des autres minerais. Il suffit alors de vider le réceptacle pour éliminer les produits chimiques, les roches et les scories. Vous l'aurez compris, c'est un travail harassant et sans aucune garantie puisque, s'il ne trouve pas d'or, le mineur n'est pas payé.

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Que fait propriétaire de l'atelier dans tout ça? Comment gagne-t-il sa vie? Et surtout pourquoi prête-t-il si gentiment son atelier à tous les mineurs? La réponse est surprenante. Nous avons vu que l'or cohabitait systématiquement avec quatre autres minerais. Lorsque le mineur redescend les gravas, il ramène potentiellement son or mais aussi et surtout ces différents minerais. Une fois l'ouvrier parti, le propriétaire n'a plus qu'à vider les grands bassins de rétention et à récupérer les roches et scories évoqués plus haut et qui se présentent sous forme de boue.

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Cette boue est séchée au soleil puis vendue à bon prix à de grosses sociétés minières friandes des quatre minerais accompagnant l'or. L'affaire est rentable ... et peu harassante.

C'est songeur que je quitte l'atelier et que je grimpe dans le bus. Les autres membres du groupe ne tardent pas à me rejoindre car nous avons un avion à prendre. Le survol des lignes de Nazca repose en effet sur une mécanique extrêmement élaborée. Chaque aéronef dispose d'un timing précis pour embarquer ses clients, pour décoller, pour survoler les géoglyphes, pour atterrir et pour prendre d'autres clients. Même un coucou suisse ne me semble pas aussi bien réglé.

En quelques minutes, nous quittons l'atelier d'extraction d'or et parvenons à l'aérodrome. Les formalités sont vite expédiées avec l'aide de Nicolas et d'Orlando, notre guide local. Et déjà nous passons les contrôles pour rejoindre le tarmac. Le pilote vient nous chercher là et nous conduit jusqu'à son appareil.

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Le commandant de bord me repère rapidement; peut-être parce que je suis le premier alpaca à survoler les lignes. Aussi m'invite-t-il à l'avant de l'appareil et prend-t-il soin de moi.

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Il faut dire que je suis privilégié par rapport à mes camarades puisque, de mon poste, je dispose d'une vision à 180° et je suis au premier rang pour entendre les commentaires de mon bienfaiteur (le pilote).

L'aéronef rejoint l'unique piste à un rythme de croisière. D'autres coucous attendent leur tour devant nous, nous obligeant à patienter encore un peu. La règle est simple : un avion décolle, puis un avion atterrit, un autre  décolle et un autre encore atterrit, et ainsi de suite...

Ca y est, c'est notre tour! L'appareil met les gaz, prend de la vitesse puis s'arrache du sol. Nous prenons doucement de l'altitude, ce qui me permet d'observer la ville de Nazca en contrebas ainsi que ses environs.

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Nous rejoignons la zone du mirador visitée ce matin.

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Et soudain les géoglyphes surgissent et se dévoilent les uns après les autres à un rythme effréné. Entre chacun, nous pouvons également admirer le plateau désertique.

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Le spectacle est grandiose mais il soulève en moi pas mal d'interrogations. A quoi servaient ces lignes? Pourquoi les avoir tracées à cet endroit ? Comment la civilisation Nazca a-t-elle pu par exemple tracer des lignes droites sur des kilomètres faisant fi du relief ? et des figures sans pouvoir contrôler du ciel le rendu final ? Comment cette civilisation du désert et de la côte a-t-elle pu représenter des animaux vivant en Amazonie, de l'autre côté de la cordillère des Andes, à des centaines de kilomètres de là ?

Malgré toutes ces énigmes, je continue à emmagasiner ces paysages splendides. C'est un pur moment de bonheur.

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L'heure tourne et nous sommes contraints de regagner l'aérodrome. Nous survolons une dernière fois Nazca avant d'atterrir.

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Il est 14h passé lorsque nous quittons le tarmac et rejoignons "l'aérogare" (en fait un hall d'attente avec des guichets). Mes compagnons de vols ont tous l'air ravis sauf Franck qui n'a pas pu embarquer avec nous faute de place dans l'appareil.  Lui attend toujours que son avion daigne décoller. Il nous rejoindra au restaurant après.

Nous partons donc jusqu'au centre de Nazca pour trouver pitance. Nicolas nous amène dans un petit restaurant très accueillant (ben quoi il offre du Pisco en guise de bienvenue!) où un orchestre joue des hymnes andins. Le moment est d'autant plus agréable que mon estomac commençait à crier famine.

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Franck nous rejoint très rapidement et nous raconte son survol des lignes de Nazca. Puis, nous reprenons le bus pour rallier le cimetière de Chauchilla à 20km au sud de la ville. Nous quittons rapidement l'espace urbain pour retrouver le plateau désertique. De là, nous nous engageons sur une piste pour rejoindre le site.

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Le cimetière de Chauchilla est un site pré-inca qui regroupe des tombes de la culture icachincha. 12 de ces tombes sont visibles de nos jours, les autres restant enterrées afin de les conserver pour les générations futures.

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Malheureusement, les touristes et les archéologues ne sont pas les seuls intéressés par cet endroit : les pilleurs de tombes ont également officié sur le site, profanant de nombreuses sépultures et détruisant à tout jamais de nombreux témoignages de cette culture. De rares ossements, fragments de textile, de poterie et de matériel funéraire qui ont survécu aux outrages du temps conservent la trace de leurs méfaits.

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Dans ce bout de désert à l'écart de tout, nous cheminons de sépulture en sépulture tandis qu'Orlando notre guide nous fournit plein de détails sur cette brillante civilisation. Vous remarquerez sur les photos qui suivent que toutes les tombes sont construites en briques de terre cuite sur un schéma rectangulaire. De même, les momies sont toutes en position fœtales, le corps enveloppé dans un tissu alors que le crâne demeure à l'air libre.

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Certaines conservent encore leurs cheveux, parfois longs de 2 mètres. D'autres ne sont manifestement que des enfants. Beaucoup sont en outre inhumées avec du matériel funéraire (poteries, cordelettes, nourritures, ...).

Je me souviendrais également longtemps de ce chaman qui s'était installé avec des touristes en plein coeur du site pour procéder à une cérémonie.

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Quelle étrange atmosphère! Brrrrrrrrrrr... Je continue mon chemin et rejoins la tête du groupe. Orlando nous conduit jusqu'au petit musée situé à l'entrée du site. Ce musée - ou plutôt cette pièce - rassemble deux momies qui se trouvent dans un excellent état de conservation. Mon esprit s'évade tandis que je remarque les barreaux aux fenêtres. On se croirait dans une prison :

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Le temps semble comme suspendu en ce lieu. Heureusement, la lente descente du soleil et l'allongement progressif de nos ombres nous rappellent qu'il est l'heure de partir. Nous assistons au coucher du soleil depuis la piste puis rejoignons notre hôtel de ce soir : el fundo San Marcelo.

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Au terme de cette journée bien remplie, les cuisiniers de l'hôtel nous ont concocté une recette traditionnelle péruvienne revigorante : la pachamanca. Il s'agit pour faire simple d'un repas préparé dans un four sous la terre.

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Ce fut un véritable régal pour moi. Je ne peux malheureusement pas en dire autant de mes compagnons. :-)Tous reconnaissent néanmoins que ce repas a été agrémenté par de nombreux fous rires. Bonne nuit...

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mercredi 8 juillet 2009

Nazca - Corire

Après la loooooongue journée d'hier, je pense qu'il est inutile de vous dire que j'ai fort bien dormi. C'est donc d'excellente humeur que je commence la journée. Plein d'énergie et d'enthousiasme, je rejoins mes compagnons pour prendre le petit déjeuner et assister au briefing de Nicolas. Puis, il me reste même un peu de temps pour me dégourdir les pattes autour de l'hôtel. Quel bonheur !

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Il faut dire que le programme d'aujourd'hui s'annonce beaucoup plus soft que la veille : nous ferons du bus, du bus, et encore du bus. Vincent résume très justement en disant : "On the road again". Quelques étapes sont néanmoins prévues pour agrémenter la journée : Orlando, notre guide de la veille, nous a par exemple livré des victuailles pour le pique-nique de ce midi qui aura lieu au bord du Pacifique. Mais reprenons au commencement...

Le bus démarre à 7h ce matin. Nous laissons Nazca derrière nous et roulons vers Corire. Cap au sud donc. Nous commençons par parcourir le plateau de Nazca puis poursuivons notre traversée du désert (le désert côtier s'étend jusqu'au Chili je vous rappelle).

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Au bout d'une heure environ, nous effectuons une première halte dans un village en bord de route. Blotti au cœur d'une oasis - une oliveraie pour être exact -, la vie y semble comme suspendue.

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Seule l'arrivée d'un camionneur ou d'un groupe de touristes semble redonner un peu d'activité à ce hameau endormi. Quelques boutiques d'olives et d'huile alignent en effet leur façade le long de l'axe routier. A l'intérieur, les commerçants attendent leurs clients. Ils s'activent dès qu'un véhicule fait mine de s'arrêter puis reprennent leur paisible existence une fois celui-ci parti.

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Sur le toit au-dessus des boutiques, des ouvriers réalisent des travaux de maçonnerie. Tandis que j'observe cette scène, une silhouette attire mon regard sur ma droite. Il s'agit d'un humble paysan et de son âne qui traversent le hameau :

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Nous réembarquons à ce moment-là dans le bus pour avaler la dizaine de kilomètres supplémentaires qui nous sépare de notre prochaine étape : une faille géologique qui longe la Panaméricaine. Nicolas nous informe que cette faille est la résultante de la tectonique des plaques, la plaque pacifique plongeant sous la plaque continentale. C'est le même phénomène qui est à l'origine de la formation de la Cordillère des Andes.

Ce paysage est véritablement insolite parce qu'il surgit d'un seul coup. Il me fait penser à une grande balafre qui fend le plateau désertique sur plusieurs kilomètres avant de plonger dans l'océan.

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Nous effectuons un arrêt pour observer de plus prêt ce phénomène naturel. Le spectacle est magique.

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Ce lieu si particulier me fait surtout prendre conscience de la force de la nature et de la fragilité des êtres vivants. Je me sens vraiment tout petit par rapport à la puissance de tels éléments. Je décide alors de prendre un peu plus de recul et de hauteur pour pouvoir ressentir encore davantage cette supériorité de la Pachamama comme nous l'appelons dans les Andes. Et là, no comment.

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Au bout de quelques minutes de silence et de contemplation, je regagne le bord de la route pour déposer un caillou sur l'un des nombreux cairns (le mien c'est celui du haut).

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Pendant ce temps, une partie de mes compagnons qui m'ont vu monter sur la butte décident de faire de même. Mais ils n'ont pas les pattes d'un alpaga et le rythme de leur "ascension" est beaucoup moins rapide. Je les attends donc en compagnie du restant de la troupe devant le bus.

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Celui-ci ne tarde pas à repartir. La route côtoie un temps la faille avant de s'en écarter définitivement. Nous retrouvons alors le désert, à perte de vue.

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Puis, c'est au tour du seigneur Pacifique de faire soudainement son apparition.

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Il m'apparait toujours aussi menaçant, belliqueux malgré son appellation. Peut-être est-ce la hauteur et la force des vagues qui génèrent ce sentiment en moi? Ou peut-être est-ce tout simplement ma mentalité d'andiniste?

Quoi qu'il en soit, nous roulons le long du front de "mer" sur quelques kilomètres. Puis nous jouons à cache-cache avec l'océan : nous le longeons pendant un moment et, l'instant suivant, nous nous en écartons avant de nous en rapprocher à nouveau. Vous constaterez sur la photo ci-dessous que la route n'est pas toujours bien dégagée, le vent effaçant les efforts des chasses-sable (i.e. l'équivalent de vos chasse-neiges).

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Notre périple continue tandis que nous approchons doucement de notre troisième étape de la journée. Il est pratiquement 10h30.

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Situé à 10km au nord de Chala et niché au fond d'une petite crique, le site de Puerto Inka semble à première vue extrêmement isolé et dépourvu d'intérêt majeur. Il nous a en effet fallu quitter la route asphaltée et nous engager sur une piste étroite et sinueuse pour rejoindre le bord de l'océan. Et là, à notre grande surprise, nous découvrons à l'entrée du site un complexe touristique avec hôtel, restaurant, bar, piscine, activités nautiques, ...

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Le bus parcourt encore quelques mètres avant de se garer face à l'océan. "Il est temps de descendre" nous annonce Nicolas. Nous descendons donc du bus un à un et nous rassemblons devant le front de mer. Je mets à profit ces quelques minutes d'attente pour me laisser imprégner de l'atmosphère du lieu.

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Les vagues qui roulent jusqu'au rivage ou bien s'écrasent contre les rochers constituent pour moi une attraction fascinante. Pensez-donc! Je n'avais jamais vu l'océan avant ce voyage. Je suis tellement captivé que je n'avais pas encore aperçu le condor qui patrouille sur la plage.

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Pas plus que je n'avais vu les autres membres du groupe rejoindre Nicolas. Celui-ci a rassemblé ses troupes avant de débuter la visite et il s'engage maintenant sur un petit sentier. Mes compagnons et moi le suivons de près car nous avons rendez-vous avec les incas ... ou plutôt ce qu'il en reste. Nous parcourons quelques mètres jusqu'au sommet d'un promontoire et, de là, se dévoilent peu à peu les vestiges d'un ancien village inca. C'est notre première rencontre avec cette brillante civilisation qui a marqué de son empreinte l'Amérique précolombienne.

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Nicolas nous explique que le choix de ce site pour construire un village n'est pas anodin. La proximité de l'océan d'une part permet de tirer partie des ressources halieutiques abondantes dans la région. L'implantation au cœur d'une crique permet d'autre part de se protéger à la fois des vents marins et de la chaleur du désert environnant. Vous remarquerez d'ailleurs que tous les bâtiments du village sont adossés sur la même butte à l'abri du vent.

Nous nous rapprochons doucement des ruines et découvrons ainsi les usages et spécificités de certains bâtiments :

-des habitations,

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- des greniers,

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- le marché et la place du village.

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Nous disposons à partir de ce moment d'une heure de temps libre avant le déjeuner. La majeure partie du groupe en profite donc pour s'enfoncer dans "l'arrière-pays". Il faut dire que celui-ci est sauvage à souhait.

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Je ne fais pas exception à la règle et je poursuis seul mon ascension vers les promontoires les plus élevés d'où j'espère embrasser l'ensemble du site. Le résultat est à la hauteur de mes attentes. J'aperçois en contrebas, la crique, le désert, les ruines et le complexe touristique.

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Je descends alors vers le grand bleu, et je ne tarde pas à retrouver d'autres membres du groupe. Nous improvisons une pause-photo du haut des falaises.

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Je prends aussi le temps de savourer ces instants magiques, loin du tumulte des grandes agglomérations et de la "civilisation". C'est vraiment ressourçant, croyez-moi. Hélas, tout est éphémère et nous devons déjà regagner le complexe pour aller pique-niquer. Un dernier petit regard au maître des lieux et c'est parti.

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Nous longeons la côte pour gagner un peu de temps (ou pour continuer à flâner) et rejoignons le bord de la piscine où nous attend Nicolas.

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Je mange rapidement le copieux pique-nique préparé par Orlando et sa femme (merci à eux!), et je retourne me promener sur la butte opposée. De ce côté-là aussi, le panorama est sympathique.

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Au bout d'un moment, je regagne la plage car la route nous attend. Je lance un dernier regard à la plage et grimpe dans le véhicule. Adieux Puerto Inka!

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Le trajet en bus jusqu'à Corire dure toute l'après-midi et jusqu'à la nuit tombée. Nous commençons par longer la façade pacifique pendant plusieurs heures, traversant de temps en temps une petite ville.

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Beaucoup de mes compagnons dorment ou lisent pour passer le temps. Moi, je ne le peux pas, ou plutôt je ne le veux pas. Je suis comme hypnotisé par cette façade maritime grandiose et en perpétuel mouvement. Quel curieux milieu en effet que celui de l'océan! Moi qui suis montagnard, je n'ai pas l'habitude de voir une nature aussi évolutive, changeante d'un instant à l'autre. Mon environnement à moi est bien souvent figé, et seuls la lumière et les vents viennent en changer l'apparence. Mon environnement est aussi encadré la plupart du temps par de hautes chaînes de montagnes qui accrochent le regard. Ici au contraire, l'océan s'étend à perte de vue sans autre limite que la ligne de l'horizon. Et ce milieu est parcouru en permanence par la houle et les vagues, deux éléments qui le rendent à la fois menaçant et accueillant.

Les heures défilent tandis que nous avalons les kilomètres. Nous effectuons bien sur quelques arrêts :

- le premier a lieu sur le littoral. C'est un endroit rocailleux qui plonge dans l'océan. En contrebas, de lourdes vagues viennent s'écraser sur les rochers projetant de l'écume dans les airs. Je reste silencieux et scrute les alentours pendant toute la durée de la pause. Et je prends quelques photos bien entendu.

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- le second arrêt marque un tournant dans notre voyage : nous commençons à nous écarter du littoral pour rejoindre l'intérieur des terres. Le bus s'arrête en haut d'un col où se dresse une chapelle pour les routiers. J'aperçois Christiane qui revient avec deux cierges dans la main. Je lui en rachète un et le tends à José pour qu'il puisse se conformer à la tradition.

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- nous descendons alors vers la vallée, la traversons et roulons jusqu'à la suivante à quelques kilomètres de là. Nous réalisons un dernier arrêt sur un mirador surplombant cette vallée de Majes.

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Le jour commençant à décliner, nous repartons rapidement sans plus nous arrêter. Vers 20h30, alors qu'il fait nuit depuis longtemps, le bus se gare. Nous sommes dans un hameau. Quelques réverbères trouent la pénombre d'un halo de lumière. Nicolas nous annonce que nous sommes arrivés au restaurant. Nos hôtes nous ont préparé la spécialité du cru : les écrevisses de la vallée de Majes. Les plats ont l'air (et se révèlent rapidement) très appétissants.

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La soirée ne s'éternise pas car nous ne sommes pas encore arrivés à l'hôtel. Nous reprenons donc le bus une dernière fois pour parcourir la courte distance qui nous sépare de notre hébergement (le Majes Lodge). Ce dernier est un ancien monastère réaménagé en hôtel. Les chambres sont plutôt spartiates mais forts sympathiques. Je prends une douche rapide et hop au lit!

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Bonne nuit et à demain. Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz......

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jeudi 9 juillet 2009

Corire - Yanque

Avec cette nouvelle journée qui débute, j'ai pris une nouvelle résolution : je n'évoquerai plus désormais le rituel matinal (petit-déjeuner, briefing, rassemblement puis chargement des bagages) reproduit chaque jour ou presque et relaté dans mon carnet de voyage. Je commencerai dorénavant directement par les faits.

Donc, en ce début de matinée, Nicolas nous emmène visiter un site insolite situé dans les environs de Corire. Et pour cela, il s'est adjoint les services de Mauricia, l'unique guide locale francophone. Suivant leurs indications, le bus se faufile dans un dédale de rues étroites et non asphaltées. Les virages qui s'enchaînent me semblent relativement serrés compte tenu du gabarit de notre véhicule. J'admire secrètement José qui garde son sang-froid en toute occasion, y compris lorsque nous croisons au centimètre près un autre camion. Puis les axes de circulation se font à nouveau plus larges.

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Nous en profitons alors pour faire une première halte à proximité d'une ferme. Je sors mon appareil et m'en vais mitrailler les quelques animaux domestiques qui se trouvent à proximité.

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Les pauvres! Enfermés dans un enclos si restreint...

Ce malaise en moi s'estompe pourtant très vite étant donné que nous remontons assez rapidement dans le car. Ce dernier redémarre et poursuit son chemin sur la piste qui grimpe jusqu'au site de Toro Muerto. Mauricia nous explique pendant le trajet qu'une visite matinale de cet endroit s'impose à cause des grandes chaleurs de la mi-journée. En effet, ses paroles prennent tout leur sens lorsque nous arrivons sur les lieux,  puisque le site s'étale sur un gigantesque plateau désertique.

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Mon regard est surtout attiré par ces milliers de pierres qui jonchent le sol. Nous nous faufilons entre elles à la suite de Mauricia et nous arrêtons périodiquement. Beaucoup portent des pétroglyphes c'est-à-dire des inscriptions et gravures.

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Mauricia nous explique que ces témoignages ont été laissés là par les voyageurs de passage. Ils ont gravé dans le roc des scènes qu'ils ont observé dans leur région d'origine ou au cours de leurs pérégrinations. C'est ainsi qu'on peut observer des animaux des Andes ou de la forêt amazonienne.

Compte tenu de notre planning bien rempli, Mauricia nous conduit spontanément vers certains pétroglyphes caractéristiques et bien conservés. Pour chacun d'eux, elle nous dévoile ce qui est représenté et la signification sous-jacente.

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J'écoute avec attention les explications de notre guide car c'est tout de même un pan de l'histoire de mon pays qui transparait au travers de ces inscriptions. Malheureusement, tout le monde ne semble pas intéressé par la même chose :

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La visite se termine. J'en profite pour balayer le site du regard et faire une dernière photo-souvenir :

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Nous réembarquons ensuite dans le bus de José qui regagne rapidement la vallée. Nicolas nous amène à présent à la découverte d'une exploitation viticole.

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Les propriétaires sont très sympathiques : ils nous expliquent le mode de fabrication du vin en nous faisant visiter leur exploitation.

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Puis, ils organisent une petite séance dégustation. Mais compte tenu de ma précédente expérience (souvenez-vous dans la distillerie de Pisco!), je préfère m'abstenir.

Après ce court moment de détente, nous reprenons la route … une nouvelle fois. Mais il faut rappeler que ce n’est pas n’importe quelle route puisqu’il s’agit de l’illustre Panaméricaine que nous empruntons depuis Lima. La distance à couvrir d’ici ce soir est importante : partis du niveau de la mer, nous devons rallier Arequipa où nous attend Milagros notre guide, puis nous grimperons jusqu’à un col qui culmine à 4 910m avant de redescendre vers Yanque, un hameau de la vallée du Colca.

Nous roulons depuis un moment déjà lorsque le bus approche d’un village.

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Le véhicule ralentit progressivement puis quitte l’axe principal.

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Il s’engage sur une petite route parallèle avant de s’arrêter quelques mètres plus loin devant un espace vert. Celui-ci attire immédiatement mon attention : une herbe soigneusement entretenue occupe une grande partie de l’espace, contrastant nettement avec les alentours désertiques. Quelques bancs et arbustes viennent agrémenter l’endroit, situé en bordure des quartiers défavorisés. Ce clivage entre luxe et pauvreté marque fortement mon esprit.

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C'est pourtant ici que nous faisons notre halte pour pique-niquer. Le repas est rapide et léger car nos organismes vont être mis à rude épreuve d'après ce que nous a raconté Nicolas. Trop manger risquerait de se traduire par des problèmes digestifs (ballonnement, gastrite voire plus si affinités). Qui plus est, le "soroche" (davantage connu sous le nom de "mal d'altitude") nous guette. Selon les statistiques maison de Nico, ce seraient les hommes, les jeunes et les non fumeurs qui y sont les plus exposés. Mais tous les êtres humains peuvent néanmoins y être confrontés. C'est un peu la roulette russe en somme. Et au fait Nico, qu'en est-il pour les alpagas ? Suis-je également concerné car je n'avais jamais quitté mes hauts plateaux auparavant ?

Nous réembarquons dans le bus, pas très rassurés. José met le moteur en marche et en avant toute! Désormais, plus personne ne peut faire marche arrière. Nous ne pouvons qu'aller de l'avant. Les premiers contreforts de la cordillère se rapprochent rapidement. Nous apercevons déjà au loin la chaîne de volcans qui entourent Arequipa : le Misti et sa silhouette caractéristique ainsi que le Chachani.

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Nous ne tardons pas non plus à rejoindre les faubourgs d'Arequipa. Le temps est vraiment passé très vite depuis la pause déjeuner. Je regarde autour de moi, tout le monde a l'air en forme. Nous formons vraiment une équipe de choc. Mais le plus dur est encore à venir...

Nous faisons un arrêt rapide à une station service pour faire le plein. J'ai vu des paysans un peu plus loin. Je décide d'aller les rejoindre pour les prendre en photo. Plusieurs membres du groupe font comme moi. Malheureusement, nous avions un peu surévalué la distance et nous sommes bientôt rattrapés par le bus qui nous rejoint.

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Nous récupérons également Milagros (notre nouvelle guide) à un carrefour situé un peu plus loin. Nous laissons alors derrière nous la ville blanche dans laquelle nous reviendrons dans deux jours, puis nous entamons la seconde partie de notre ascension. Nous prenons rapidement de l'altitude tandis que Milagros se livre à un exposé sur la géographie de la région.

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Notre bus progresse à un bon rythme malgré le dénivelé important. J’en suis le premier surpris. Jamais je n’aurais imaginé qu’une mécanique, même récente, puisse réagir aussi bien dans de telles conditions (longue ascension avec des passages à forte inclinaison, légère raréfaction de l’oxygène, …). Même les poids lourds qui empruntent le même chemin que nous semblent ne pas peiner outre mesure.

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Et plusieurs bus de lignes des compagnies locales nous dépassent à vive allure. Il faut reconnaître qu’ils ont tendance à prendre davantage de risques et qu’ils ménagent moins leurs passagers. José est vraiment très attentionné à cet égard.

Le paysage défile relativement rapidement tandis que nous enchaînons les virages. La ligne de chemin de fer qui suit notre route constitue pour moi un fil rouge, un point d’ancrage. C’était une des lignes les plus hautes du monde avant que ne soit construite celle reliant Pékin à Lhassa.

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Le temps passe et nous n’apercevons toujours pas le sommet du col de Patapampa. Tout au plus devine-t-on de temps en temps le sommet du volcan Misti que nous nous évertuons à contourner, mais aucun col n’émerge encore. Pour ceux qui ne connaissent pas les contreforts des Andes à cet endroit-là, je souhaite préciser que le voyageur ne se rend pas compte de l’altitude à laquelle il se trouve. Nous avons beau grimper de 4 000 mètres dans la journée, notre ascension est entrecoupée par la traversée de vastes plateaux si bien que la hauteur par rapport à la « vallée » n’est jamais très importante.

Et justement nous parvenons enfin à un vaste plateau. Nicolas nous prévient que nous entrons dans le domaine des vigognes (à la différence des alpagas dont je fais partie, les vigognes demeurent des animaux sauvages, réfractaires à toute forme de captivité).

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Nous faisons une halte bien méritée. Enfin les autres, car le devoir m’appelle à nouveau…

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Nous effectuons une seconde étape un peu plus haut dans un refuge. Celle-ci dure plus longtemps.

Nico et Milagros nous apprennent que nous approchons enfin du col. Effectivement, les conditions climatiques ont sensiblement changé à cette altitude : de fortes bourrasques balayent les environs, les températures ont chuté et le soleil couchant ne parvient plus à nous réchauffer.

La contrée aux alentours est déserte (si l’on fait abstraction des quelques véhicules empruntant la route et du chien du refuge qui circule entre chacun de nous) : des touffes d’herbes sèches et éparses ondulent au milieu d’un océan de gravier. Plus loin, de nombreux cols nous encerclent dépassant allègrement les 5 000 mètres. C’est vraiment la nature à l’état brut ici.

Les gérants du refuge nous préparent un maté de coca : une première pour beaucoup de mes compagnons de voyage. Le breuvage n’a pas l’air de leur plaire mais il a le mérite de les réchauffer. Dehors, le jour décline de plus en plus nous contraignant à reprendre la route.

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Alors que la nuit finit de s’installer, Milagros (notre guide) nous initie à la consommation de la feuille de coca, si prisée des autochtones. Elle nous explique qu’il faut sélectionner environ 7 feuilles de coca. Celles-ci doivent être roulées et placées au fond de la bouche pendant plusieurs minutes. La salive diffuse alors le goût de la feuille accentué par un exhausteur de goût. Peu de courageux se hasardent à faire cette expérience. Mais ces derniers la jugent concluante.

Ça y est, nous avons franchit le col ! Enfin c’est Nicolas qui le dit, parce qu’il faisait nuit et que nous n’avons rien vu. Heureusement nous repasserons par là demain au cours de l’après-midi. Pour le moment, nous redescendons vers la vallée de la Colca et le village de Yanque où se trouve notre hôtel. Un bon repas revigorant (avec de la viande d’alpaga au menu snif), un petit spectacle folklorique, un brin de toilette et hop au lit.

Cette première nuit dans les Andes marque un tournant dans notre voyage : notre traversée de la bande désertique côtière s’achève tandis que commence notre périple dans les Andes. Nous laissons définitivement derrière nous l’océan Pacifique et la Panaméricaine, nos compagnons de route durant cette première semaine ; eux continuent vers le sud, nous bifurquons vers le nord-est. Je ne suis toutefois pas prêt d’oublier la diversité des paysages traversés tout au long de ce bon millier de kilomètres qui séparent la cité des rois (Lima) de la ville blanche (Arequipa). Je n’oublierai pas non plus les vestiges et les témoignages laissés par les brillantes civilisations de la côte. Et que dire des personnes rencontrées en chemin telles que Tobi, le potier de Nasca ou Mauricia, notre guide de Toro Muerto qui nous ont réservé un très bon accueil…

Cette douce nostalgie laisse rapidement place à de l’excitation car le voyage s’annonce plein de promesses au cours de deux semaines à venir. Plongés dans ces pensées, je ne tarde pas à m’assoupir. Buenas noches !

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vendredi 10 juillet 2009

Yanque - Arequipa

Avec cette nouvelle journée qui débute, c’est une nouvelle contrée que nous allons découvrir peu à peu, une contrée de montagnes. D’emblée en sortant de ma chambre, je peux entrevoir quelques différences notables avec ce que nous avons vécu jusque là. Des paysans du hameau vont et viennent dans le champ qui borde l’hôtel. Certains rejoignent leur champ à flanc de  montagne, d’autres au contraire en descendent lourdement chargés. Plusieurs portent le costume traditionnel de la contrée. Ces scènes champêtres me rappellent ma région natale.

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De l’autre côté de la route (qui n’est autre qu’une piste faite de cailloux), le village de Yanque semble endormi, presque abandonné. Seuls les quelques paysans évoqués juste avant traversent ses larges ruelles désertes. Mais il est encore tôt puisque le soleil effleure tout juste les sommets des montagnes environnantes.

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En attendant le signal du départ, je m’approche un peu plus des habitations situées à proximité de l’hôtel. Je me rends alors compte de la dureté des conditions de vie dans ces contrées. Malgré les beaux paysages de montagnes, le hameau n’est qu’un lieu de passage vers le canyon de la Colca si bien que ses habitants ne bénéficient que très peu, voire pas du tout, de la manne touristique. D’ailleurs, depuis que je me promène devant l’hôtel voilà dix minutes, plusieurs minibus remplis de touristes sont passés devant moi sans s’arrêter. Tous font route vers la Cruz del Condor, le promontoire le plus prisé du canyon.

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Et puis vient notre tour : nous embarquons dans notre bus pour rejoindre cette destination visiblement incontournable. Nous imitons en cela les centaines de touristes que les agences de voyages d’Arequipa déversent chaque jour dans cette zone des Andes. L’excursion est réglée comme du papier à musique : les véhicules se suivent à intervalles réguliers et s’arrêtent en des points prédéterminés (un village, un mirador, …). Chaque groupe effectue une courte halte le temps d’admirer le paysage ou un bâtiment (ou de faire du business) et se trouve chassé par le groupe suivant qui ne tarde pas à arriver sur les lieux. Bienvenue dans l’industrie du tourisme de masse !

Malgré ce contexte pesant, je parviens tout de même à mettre de côté ma frustration. Il faut dire que le cadre devient rapidement époustouflant, envoûtant : le chemin de pierrailles sur lequel nous circulons prend progressivement de la hauteur et les premières terrasses andines ne tardent pas à faire leur apparition.

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Ces constructions humaines, œuvres de la civilisation Colluhuas, occupent une bonne partie de l’espace disponible, démarrant au fond du canyon et partant à l’ascension des montagnes environnantes. Même les sites les plus escarpés et les plus inaccessibles ont été domptés. Et pourtant ces terrasses se fondent à merveille dans le paysage. Le pari était loin d’être gagné étant donné que le canyon de la Colca est le second canyon le plus profond du monde (après celui de Cotahuasi au Pérou) !

Et que dire du soleil levant qui vient rajouter au charme de ce spectacle…

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Sur un autre registre, je constate amusé qu’à chacun de nos arrêts, des habitants du canyon ont dressé à la hâte quelques étals sur lesquels sont exposés leurs produits artisanaux, nos souvenirs. A leurs côtés, des femmes et des enfants ont revêtus le costume traditionnel et sont escortés par un lama. Tous attendent le chaland pour vendre leur marchandise ou se faire prendre en photo. Et les chalands ne manquent pas… Je pense que certains ne remarquent même pas le trésor naturel autour d’eux tant ils sont absorbés par leur shopping. Je me réjouis en revanche pour ces habitants du canyon qui savent tirer partie de ce flot touristique dont ils sont à première vue écartés.

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Nous traversons à plusieurs reprises de petits villages en cours de route (il y en a 14 dans la vallée), mais nous ne nous arrêterons que dans celui de Maca. Bien entendu, les autres véhicules font de même si bien que seul ce village profite un tout petit peu du passage ininterrompu.

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Le bourg de Maca, qui s’étend entre le canyon proprement dit et les montagnes, ne semble pas pour autant plus favorisé que ces congénères. Ses habitations sont presque toutes de petite taille et de plein pied. Rares sont celles qui ne possèdent pas de toit en tôle ondulée ou qui ne sont pas construites avec les matières premières de la région. Les principaux axes de circulation sont constitués d’un assemblage de galets tandis que les axes secondaires sont simplement en terre.

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L’église de Maca dénote dans ce paysage. Elle attire d’emblée l’œil par ses dimensions imposantes et la blancheur de sa façade. Et une fois franchit le porche, elle dévoile en son cœur une richesse insoupçonnée :

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Puis le périple reprend. Je saluerai ici la prestation de Milagros, très attentionnée à notre égard. Elle est par exemple venu me cherché au milieu de la foule pour me montrer un viscacha (une sorte de gros lapin). A vous de le trouver :

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Elle nous dévoile également la présence de tombes cachées le long de la paroi de la falaise tout en l’accompagnant d’un commentaire historique.

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Je rejoins alors José (notre chauffeur) pour contempler à nouveau le sublime panorama.

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Et puis c’est l’arrivée à destination : la Cruz del condor.

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Ce lieu-dit est une zone du canyon prisée des touristes certes, mais aussi et surtout du seigneur des Andes. Le condor apprécie particulièrement les courants d’air chaud qui remontent à cet endroit précis. Plusieurs spécimens viennent d’ailleurs y tournoyer chaque matin au-dessus de la tête des touristes avant de partir à la chasse. Ce matin ne fait pas exception. Mais auparavant, il nous aura fallu patienter un peu. Je n’ai pas de mal à trouver des occupations :

- scruter les environs pour tenter de l’apercevoir :

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- me reposer :

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- et faire plaisir à mon fan club :

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Mais je ne fais pas le poids face à la star du jour qui fait son entrée en scène. Le ballet aérien commence et ménage beaucoup de suspense :

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Nicolas nous a expliqué en montant que le condor était un animal curieux et donc qu’il n’hésitait pas à s’approcher très près des bipèdes venus l’observer. Mais il sait aussi disparaître très vite. Le rapace se déplace en planant et ne bat que très rarement des ailes ce qui lui confère une certaine noblesse.

Pendant une trentaine de minutes, je me promène le long de la falaise essayant de dénicher un point de vue plus approprié. Les condors, eux, survolent la zone, puis disparaissent pendant plusieurs minutes avant de réapparaître soudainement. Le jeu de cache-cache se poursuit lorsque je remarque un peu plus haut une scène insolite :

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Au bout d’une heure, tous les membres du groupe se retrouvent devant le car. Chacun a l'air ravi de ce ballet aérien dont nous avons pu profiter pleinement, d'autant plus que l'attente n'a pas été trop longue. Nous commençons donc par redescendre la piste empruntée ce matin, nous récupérons nos affaires à l'hôtel de Yanque, puis nous faisons route vers Chivay à 5 kilomètres de là. José nous dépose sur la traditionnelle Plaza de Armas de la localité.

Nicolas nous annonce alors que nous disposons d'une heure pour visiter le marché et les environs. Mes amis foncent presque tous vers le marché. Moi, je préfère rester un moment sur la place pour observer ce qui se passe. Evidemment, je ne reste pas seul très longtemps... Foto, foto! me scandent deux dames en costume traditionnel :

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Afin de retrouver un peu de calme, je m'exécute puis me retire un peu plus loin. J'identifie alors la rue par laquelle nous sommes arrivés. Ses bâtiments semblent en cours de construction et les véhicules soulèvent de la poussière.

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On se croirait véritablement dans une localité très pauvre alors que ce n'est qu'un village parmi tant d'autres (ceux de la côte pacifique présentaient le même aspect).

La place principale est un peu plus sympathique. Au centre, se dresse une fontaine qui vient agrémenter un petit parc. Quelques habitants sont assis sur les multiples bancs à disposition alors que d'autres ne font que traverser les lieux d'un pas déterminé. Les uns discutent tandis que d'autres se reposent ou observent les vas-et-viens.

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Mon regard dérive ensuite vers la gauche où je remarque une église à l'imposante façade blanche. Elle me rappelle celle de Maca que nous avons vu en début de matinée mais elle est tout de même plus sobre.

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Derrière elle, une croix géante est dessinée sur le flanc d'une montagne :

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Je me rapproche ensuite du marché, dont une partie est couverte (les bâtiments bleus à droite sur la photo).

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Le marché est pratiquement accolé à la Plaza de Armas. Pourtant, l'ambiance est totalement différente : l'endroit est plus fréquenté par la population, donc plus animé et plus attirant. En clair, le bourg endormi a laissé place à un village touristique presque bourdonnant.

Je contourne le bâtiment du marché et vagabonde dans les quelques allées. Je m'imprègne alors de l'ambiance, des odeurs, des bruits, des visages, ... Un vrai moment de bonheur ponctué par des interpellations récurrentes : "Oh! un alpaca. Qué bonito!"

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Déjà sonne l'heure du rassemblement. Nous devons reprendre le bus pour rejoindre le restaurant.

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Au menu, buffet! C'est une très bonne idée comme ça je peux manger vite et ressortir en attendant les autres (les Français étant particulièrement longs à table). Je mets à profit ces derniers instants pour entrevoir quelques bribes du quotidien des habitants.

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Nous partons ensuite pour les bains de La Calera, situés un peu plus loin dans la vallée. Nico nous y a ménagé un petit moment de détente pour expérimenter les bains thermaux en plein air et favoriser notre digestion. Une partie du groupe file vers les vestiaires tandis que les autres vont se promener aux alentours. Personnellement, je retiens l'option ballade car je ne suis pas vraiment un adepte de la flotte. Je rejoins donc le groupe des "marcheurs" qui est en train de traverser la rivière jouxtant les bains au moyen d'un pont suspendu. Le petit groupe cherche à se rapprocher d'anciennes terrasses construites à partir de blocs de pierres.

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Nous effectuons une courte ballade sur ces infrastructures, puis je regagne l'autre rive en retraversant le pont. J'y fais la rencontre d'un collègue avec lequel j'échange quelques banalités :

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Originaire du canyon, il me conseille d'aller voir la clôture autour des bains. Elle est effectivement très originale et... dissuasive. Jugez-en par vous-même :

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Je rejoins ensuite Milagros qui m'emmène voir la source thermale qui a donné son nom à l'endroit. L'eau y jaillit à 80°C avant de s'évacuer au moyen de rigoles vers une série de bassins de rétention qui eux-mêmes alimentent les bains.

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Cet intermède terminé, nous embarquons à bord du bus dans lequel José nous attend patiemment. Les baigneurs ne tardent pas à nous rejoindre si bien qu'il est encore tôt lorsque nous partons pour Arequipa. Nous reprenons exactement le même chemin qu'hier puisque c'est le seul qui mène à la ville blanche.

Notre premier arrêt a pour cadre le Mirador des Andes situé à 4 910m d'altitude. Nous découvrons les lieux pour la première fois puisque nous étions passés de nuit hier soir.

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L'endroit est assez peu engageant : le climat y est frais, le vent violent et le paysage se limite à une succession de cairns et de rochers à perte de vue. Au loin, une série de "6 000" se dressent tels des barrières. Ils accrochent le regard. La végétation est rare, nous sommes vraiment au cœur d'un univers minéral.

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Pourtant, quelques femmes se tiennent là, recroquevillées, et attendent les cars touristiques. Elles restent probablement là toute la journée pour vendre les produits qu'elles confectionnent patiemment.

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De l'autre côté de la route, déserte, je remarque des cabanes de bergers. Je traverse prudemment et m'en vais voir de plus près ces abris de fortune.

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Le bus ne tarde pas à repartir car il nous reste encore plusieurs heures de route avant d'atteindre notre destination. L'environnement change quelque peu à mesure que nous perdons de l'altitude : la végétation refait son apparition sous forme d'herbes rases, et nous avons même la chance d'apercevoir quelques vigognes.

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Plus bas, ce sont de véritables élevages d'alpagas et de lamas que nous croisons.

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On se croirait presque sur vos Champs-Elysées. José s'arrête si bien que nous pouvons aller à leur rencontre.

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J'en profite aussi pour admirer les alentours.

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Et c'est reparti. Nous traversons plateaux et vallons, nous rapprochant toujours plus de notre but.

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Nous effectuons un dernier arrêt là où nous avions goûté le maté de coca hier puis nous regagnons Arequipa. Nous déposons nos bagages à l'hôtel et faisons une toilette rapide car ce soir nous avons rendez-vous au Zigzag pour savourer une trilogie de viandes :

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C'est repu que nous prenons le chemin de notre lit. Buenas noches!   

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samedi 11 juillet 2009

Arequipa

Il est à peu près 7 heures, le jour se lève sur Arequipa; et avec lui, c'est une nouvelle journée qui débute. Depuis ma chambre d'hôtel, j'observe l'aurore envelopper progressivement les flancs du volcan Misti. Puis le halo de lumière gagne en intensité dévoilant de plus en plus nettement les contours des bâtiments environnants. Plus loin sur ma droite, le Chachani semble comme auréolé de gloire...

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Mais le spectacle est éphémère, et déjà la vie reprend son cours.

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Sur l'immeuble en face, des ouvriers sont au travail alors que moi, je n'ai pas encore pris mon petit déjeuner.

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Une heure s'est écoulée lorsque nous partons pour notre première visite de la journée : le Monastère de Santa Catalina. Et une fois n'est pas coutume, nous nous y rendons à pied. C'est l'occasion pour nous de faire connaissance avec le centre historique de la seconde ville du Pérou et ses bâtiments à l'architecture coloniale. Nous traversons plusieurs rues et passons devant l'église San Francisco avant d'atteindre l'enceinte extérieure du monastère.

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Nous rejoignons alors le porche d'entrée et entamons la visite du monument avec une guide francophone (Nico ne nous accompagne pas car seules les femmes sont habilitées à faire visiter les lieux).

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La guide nous dresse tout d'abord un bref historique du site destiné à mieux appréhender les lieux. Je vais à mon tour tenter de vous en faire un résumé.

Véritable ville dans la ville, le Monastère Santa Catalina aurait été fondé par une riche veuve en 1570, soit 40 années à peine après l'arrivée des premiers Espagnols dans la cité. Il fut dans un premier temps occupé par les femmes de l'aristocratie locale qui s'y retiraient en prenant soin d'emporter avec elles une dot conséquente et quelques servantes (pas plus de 4 quand même). Certaines religieuses possédaient de fait dans le couvent une cellule individuelle à leur nom avec une cuisine particulière voire une chambre pour leurs servantes. Et elles pouvaient même organiser des réceptions comme elles l'auraient fait à l'extérieur. Mais le monastère était également fréquenté par des religieuses et des novices de plus basse extraction qui vivaient dans des conditions plus austères. Le pape mit fin à cette disparité en 1870 en exhortant les sœurs à mener une vie communautaire et isolée du monde.

Au total, 450 nonnes et servantes vécurent là en permanence pendant près de 300 ans. Restauré à la suite des tremblements de terre de 1958 et 1960, le monastère fut ensuite ouvert au public le 15 août 1970. Le pape Jean-Paul II s'y rendit en 1985 rétablissant pour les sœurs les droits de parler et de sortir hors de l'enceinte. Aujourd'hui, il reste moins de 30 religieuses qui vivent dans une toute petite partie du couvent.

Ces précisions étant faites, notre guide nous conduit à travers un dédale de ruelles, de cloîtres et de patios tous plus jolis les uns que les autres :

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Nous visitons également différentes cellules et des lieux de vie commune (réfectoire, cuisines, ou encore le lavoir).

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La visite est réellement passionnante du début à la fin. Il en est de même des commentaires de notre guide. D'ailleurs, je n'ai pas vu le temps passer alors que nous arrivons déjà au terme du parcours. Je vous conseille donc, si vous passez un jour par Arequipa, de faire un détour par ce lieu insolite. Cela vaut vraiment le coup.

A l'issue de cette première "activité", nous nous rassemblons progressivement devant le porche du monument. Tiphanie, qui est stagiaire chez Viventura, nous y attend patiemment. Alors que certains trainent encore à l'intérieur, je m'écarte un petit peu et me fait prendre en photo en compagnie d'une sympathique autochtone :

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Puis Tiphanie nous guide jusqu'au bus de José stationné dans une rue parallèle. Nous embarquons à bord et filons vers une carrière de sillar située dans la périphérie de la ville. En chemin, nous faisons halte dans une épicerie pour embarquer quelques denrées de première nécessité (Viventura aide en effet les mineurs de la carrière en leur apportant des vivres et en leur assurant des formations).

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Au bout d'une demi-heure / trois quarts d'heure, nous pénétrons dans les quartiers défavorisés qui bordent la carrière. Et là, le contraste avec le centre historique d'Arequipa est saisissant. Le passage d'une sorte de check point me conforte dans cette idée, on se croirait presque dans un autre monde : la pauvreté et la dureté des conditions de vie sont immédiatement perceptibles, et l'isolement est manifeste.

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La rencontre avec Flavio fut encore plus intense et m'a particulièrement touchée : ce vieil homme de 62 ans, qui travaille dans la carrière de sillar depuis son enfance, continue de tailler la roche 10 à 12 heures durant, tous les jours, week-ends inclus. Et malgré cela, il trouve le temps de nous expliquer en détail son travail et ses conditions de vie indignes de notre siècle.

Tout commence dans la carrière en contrebas.

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26 tailleurs y œuvrent au quotidien. Chacun travaille à son compte et possède sa propre parcelle, mais une véritable solidarité existe entre eux puisqu'ils y travaillent toute leur vie durant.

Le tailleur commence par extraire de gros blocs de la roche selon une technique qui lui est propre. La tâche n'est pas sans danger puisque le propre père de Flavio y a laissé sa vie.

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Le bloc extrait est ensuite découpé en plus petits morceaux, puis taillé en forme de brique de 30 à 35kg. La taille d'une seule de ces briques réclame 20 minutes de travail si la pierre est de bonne qualité, davantage si elle contient de petit cailloux. Entre 10 et 15 briques sont ainsi produites chaque jour dans des conditions difficiles. Elles seront revendues 1,5 soles l'unité (0,30 cents environ) au marchand.

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La journée de travail varie en fonction des demandes mais il arrive qu'elle s'étende jusqu'à la nuit en période de forte activité. Dans ce cas, Flavio s'est constitué un petit abri précaire où lui et les siens peuvent passer la nuit.

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Cette rencontre avec Flavio et sa fille m'a particulièrement émue. Je ne suis pas près d'oublier la rudesse de leurs conditions de vie, et encore moins leur gentillesse et leur disponibilité. Je souhaite également les remercier pour leur témoignage édifiant, témoignage qui remet beaucoup de choses en perspective dans mon esprit.

Je serai bien resté un peu plus en ces lieux mais l'heure tourne et il ne faudrait pas que nous pénalisions davantage Flavio. Notre groupe regagne donc le bus et nous prenons la direction d'Arequipa en retraversant les mêmes quartiers défavorisés qu'à l'aller. Je suis plongé dans mes pensées lorsque nous arrivons au quartier de Yanahuara. Le cadre est radicalement différent de celui de la carrière et de ses alentours :

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Une église en pierres blanches attire mon regard dès la descente du bus. J'apprends dans le Routard (mon guide de voyage) que ces pierres sont en fait en lave blanche.

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Vous remarquerez aussi la finesse des gravures sur la façade principale. Elles constituent un véritable chef-d'œuvre.

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J'aurais volontiers pénétré dans ce lieu de culte afin de découvrir l'intérieur, mais une cérémonie de mariage est en cours. Je poursuis donc mon chemin jusqu'au mirador situé en face de l'église de Yanahuara.

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De là, mes compagnons et moi profitons d'un panorama sur l'ensemble de la ville et sur ses volcans. Bien entendu, une séance photos s'impose alors. Et Tiphanie n'y échappe pas...

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Une fois cette mission accomplie, Tiphanie nous emmène jusqu'au QG (Quartier Général) de Viventura au Pérou. Nous y retrouvons Véronique et Malena, Carlos et Carmencita, et le musicien officiel de Viventura. Et un repas - de l'"adobo" - a été préparé en notre honneur.  Quel accueil !

Le déjeuner qui suit est vraiment très convivial. Il se déroule dans un petit patio à l'arrière du bâtiment Viventura où une table de jardin a été dressée pour l'occasion. Le soleil et une musique d'ambiance contribuent à l'agrément du repas. C'est aussi l'occasion pour chacun des convives de partager quelques petites anecdotes sur le voyage.

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Inutile de vous dire que nous n'avons pas vu le temps passer. Aussi, avant de reprendre notre route, je me joints rapidement à la Viventura Dream Team pour une ultime photo-souvenir et quelques pas de danse.

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Merci et bravo à tous!

Nous rejoignons ensuite une filature de laine de camélidés pour en faire la visite. Nicolas se permet de reprendre les bases sachant que mes compagnons ne sont pas des experts en ce domaine. Il commence donc par nous amener à l'enclos des camélidés c'est-à-dire des lamas, des guanacos, des vigognes et des alpagas. Ce sont eux qui fournissent la laine dans ces contrées.

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Nico y présente les différentes espèces précitées et leurs particularités : 

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Vous relèverez à ce titre que certains individus n'apprécient guère ma présence sur leur territoire:

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Tous les camélidés, qu'ils soient sauvages ou domestiques, sont tondus périodiquement pour récupérer leur laine. Les vigognes constituent un cas à part puisque, pour cet animal sauvage par excellence (la vigogne ne supporte pas la captivité), des battues sont organisées pour pouvoir collecter la précieuse matière première.

La laine ainsi récoltée est lavée, rincée et nettoyée de ses impuretés. Elle est ensuite filée manuellement puis tintée à l'aide de colorants naturels. Ces derniers sont obtenus à partir d'un mélange d'éléments minéraux et sont à l'origine d'une palette de couleurs très large :

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Il faut également noter - même si cela peut paraître évident - que la qualité de la laine varie grandement selon les espèces. Le lama fournit par exemple une laine assez grossière tandis que l'alpaga et la vigogne fournissent une matière plus fine, plus douce. Telle laine sera donc privilégiée par rapport à une autre dans des circonstances bien précises ou pour des usages déterminés.   

La laine filée et tintée peut être vendue telle quelle. Mais, elle peut aussi servir de base à la confection d'articles textiles. C'est à ce niveau qu'interviennent les ateliers de tissage. Nous pénétrons d'ailleurs dans l'école de tissage de la filature où deux apprenties sont en train d'œuvrer.

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La pièce est dépouillée et ne comporte que quelques métiers à tisser d'une simplicité extrême. Les deux apprenties y travaillent à la main et en plein air. On est loin en cela d'une manufacture textile où la production est automatisée et cadencée. Pourtant, leur production artisanale n'a rien à envier à celle des machines "modernes". Et ces femmes font preuve d'une dextérité et d'un savoir-faire précieux. Elles sont les gardiennes d'une tradition millénaire qui a conduit un grand nombre de communautés à témoigner via cet artisanat de leur conception du monde.

Nous terminons la visite par un hangar où est justement rassemblé un ensemble de machines et de métiers à tisser automatisés. Le contraste avec la salle précédente n'en est que plus fort.

Puis une partie du groupe se dirige vers la boutique, probablement pour observer les produits finis. De mon côté, je préfère aller saluer mes collègues aréquipéniens.

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Nous retrouvons Milagros à la sortie. Notre guide depuis maintenant deux jours nous attend pour nous faire visiter le centre historique de sa cité. Ensemble, nous nous dirigeons donc à pied vers la Plaza de Armas. Et plus nous nous en rapprochons, plus je constate un changement dans le style architectural des bâtiments : les bâtiments décrépis sont progressivement remplacés par d'autres édifices en meilleur état et au style plus pompeux.

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La Plaza des Armas avec ses galeries à arcades constitue une sorte d'apothéose en la matière.

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Le guide du Routard mentionne à son égard : "Bien qu'elle ne date que du XIXème siècle, c'est l'une des plus jolies [places] du pays avec sa double rangée d'arcades. Elle fait penser aux plus séduisantes plazas mayores d'Espagne avec palmiers, fontaines et pigeons." Je suis totalement d'accord avec cette assertion.

Trois des quatre côtés de la place sont entourées par cette fameuse double rangée d'arcades. Les bars et restaurants y ont élu domicile, conférant au lieu un charme et une atmosphère si particuliers que même la circulation ne parvient pas à les terrasser.

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Sur le dernier côté, la cathédrale de style néo-renaissance s'étend tout en longueur. Euh... tout en largeur. Enfin bref, la façade de 108m correspond au côté de l'église alors que traditionnellement c'est le porche qui donne sur la place principale (cf. Notre-Dame de Paris). L'édifice apparait réellement imposant, massif, presque lourd du fait de sa faible hauteur. Heureusement, ses deux tours et la particularité que nous venons d'évoquer annihilent ce sentiment.

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Enfin, au centre, trône une fontaine et un petit jardin public très fréquenté des Aréquipéniens... et des pigeons.

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A l'un des angles de la place, un peu en retrait, se dresse une autre curiosité d'Arequipa : la Compañia. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une église de l'ordre jésuite qui date du XVIIème siècle. Celle-ci vaut largement le détour ne serait-ce que pour sa façade principale baroque très richement décorée.

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L'intérieur est plus conforme aux codes habituels :

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Nous empruntons alors la rue Morán à la suite de Milagros et bifurquons rapidement sur la droite pour pénétrer dans un petit passage.

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Une fois le porche franchi, nous découvrons un autre "trésor" de la Compañia : son cloître composé de deux patios et d'une petite ruelle (rappelant un peu le Monastère Santa Catalina visité ce matin).

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Le premier patio est tout aussi fascinant que la façade principale de l'église. Une fontaine trône en son centre et ses piliers sont richement ornementés d'entrelacs, de motifs végétaux, de personnages et de symboles bibliques. Ce décor est mis en valeur par un dallage et des murs neutres.

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La seconde cour est exactement l'inverse de la première : son carrelage en damiers attire tout de suite le regard tandis que les murs et les piliers sont totalement épurés. La fontaine centrale est elle-aussi plus modeste.

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Paradoxe de la modernité, le cloître abrite aujourd'hui des boutiques et un bar-restaurant.

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A partir de ce moment, nous avons quartier-libre jusqu'au lendemain. Je fais donc mes adieux à Milagros et pars vadrouiller dans le centre-ville. Spécificité de ce dernier, toutes les rues sont en damier. Il est par conséquent assez aisé de ne pas perdre le nord, ou en tout cas, de ne jamais être à l'ouest. Il suffit de faire le tour d'un pâté de maison pour se retrouver au point de départ.

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L'animation est par ailleurs quasi-permanente comme dans tout centre urbain : véhicules individuels, combis, collectivos, taxis, piétons et touristes assurent un brouhaha tout au long de la journée. Autant dire que le silence est rare.

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L'architecture enfin est particulièrement variée. Chaque rue diffère par son style, ses couleurs, ses ornementations, ...

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Je rejoins une rue piétonne près de la cathédrale. C'est vraisemblablement un lieu de promenade prisé des citadins.

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Je comprends rapidement pourquoi : l'artère, qui porte bien son nom (Mercaderes), est bordée de boutiques diverses.

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Je reprends ensuite la route de l'hôtel où j'ai rendez-vous avec quelques uns de mes compagnons de voyage pour aller diner.

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Nous convenons ensemble d'aller d'abord prendre l'apéro sur la Place d'Armes, puis nous enchaînons avec un restaurant situé à proximité. Je commémore alors notre première semaine de voyage en commandant des anticuchos (c'était notre repas du premier jour). Un régal!

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Nous concluons cette journée par une brève promenade digestive by night. Le cadre est féérique.

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Malheureusement, nous devons nous coucher tôt car demain matin nous prenons l'avion de bonne heure pour Cusco. Bonne nuit!

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dimanche 12 juillet 2009

Arequipa - Cusco

4:30

C'est la première chose que je vois en ouvrant les yeux ce matin. Dehors, il fait nuit noire et la ville bourdonnante d'hier n'est que silence. Mes paupières sont encore lourdes et mon corps engourdi. Pourtant, je dois me lever car nous avons un avion à prendre ce matin. Le décollage est prévu à 6h25; nous n'avons donc pas de temps à perdre.

Assez curieusement, nous ne comptons que deux marmottes dans le groupe. Leur réveil a oublié de sonné et elles sont contraintes de battre le record du monde de sortie du lit un dimanche matin pour rattraper leur "retard". Pour elles, pas le temps d'avaler la petite collation constituée de deux sandwiches au jambon et au fromage. Mais au final, elles semblent tout de même plus réveillées que nous.

José est à l'heure et nous partons donc dans les temps jusqu'à l'aéroport de la ville. Je fais mes adieux à notre vaillant chauffeur et promet de lui écrire. Puis, je m'oriente à la suite de mes compagnons vers le comptoir d'enregistrement. Il nous faut encore régler la taxe d'aéroport et hop! nous voilà sur le tarmac prêts pour embarquer.

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Notre avion appartient à la compagnie LAN Peru, membre de l'alliance Oneworld. Il m'apparait vraiment énorme pour un vol intérieur.

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Je balaye une dernière fois du regard la chaîne de volcans, la ville et l'aérogare environnants avant d'embarquer dans l'appareil.

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Comme d'habitude, le siège est un peu trop grand pour moi mais je fais avec. Après tout, j'ai la chance d'être en vacances alors je ne dois pas me plaindre. De plus, les membres de l'équipage sont vraiment aux petits soins pour moi.

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Le personnel au sol s'active de plus en plus tandis que les derniers passagers rejoignent leur place. L'heure du départ approche : les chariots à bagages s'éloignent, les hôtesses referment les portes de l'appareil et entament leur procédure classique (comptage des passages, rangement des bagages à main qui traînent, démonstration des règles de sécurité et vérification des ceintures). Puis l'appareil s'ébranle et rejoint la piste de décollage d'où il s'extrait sans aucun problème.

Le vol dure deux heures au total avec une escale à Juliaca au bout d'une heure environ. Nous survolons tour à tour Arequipa, le Misti, la cordillère et les hauts plateaux durant la première partie du trajet.

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Puis une bonne partie des passagers descend à l'occasion de l'escale à Juliaca. Nous sommes aux portes du lac Titicaca.

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Nous attendons de longues minutes le temps d'embarquer les nouveaux passagers. Malheureusement, je n'ai plus d'accès direct au hublot, quelqu'un étant venu s'asseoir à mes côtés. Je demande alors à la sympathique Christiane de me prendre quelques photos durant la seconde partie du vol, histoire de voir à quoi ressemblent les paysages. Et je prends mon mal en patience. En dessous de nous, c'est vraiment le plat pays :

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8:25 : l'appareil se pose sur le tarmac de l'aéroport de Cusco. Nous quittons nos sièges en prenant soin de ne rien oublier et je dis au revoir au personnel de bord (ils ont vraiment été très attentionnés à mon égard).

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Nous récupérons rapidement nos bagages et rejoignons un minibus qui nous conduit jusqu'à notre hôtel. Durant le trajet, Nico nous explique que la matinée est libre. Nous avons seulement rendez-vous en début d'après-midi pour effectuer un city-tour avec Yuber, notre nouveau guide local. L'occupation est pourtant toute trouvée : tous les dimanches matin, un défilé est organisé autour de la Place d'Armes, je m'y rendrai donc avec quatre autres personnes du groupe.

Mais auparavant, je prends le temps d'observer les abords de l'hôtel. Ceux-ci sont hétéroclites : modernité et traditions se côtoient allégrement dans ce qui semble être une rue typique de Cusco. Les soubassements d'un grand nombre de bâtiments sont en pierres brutes (comme dans les livres touristiques) tandis que la partie haute est constituée de matériaux modernes.

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Une autre dualité saute immédiatement aux yeux du visiteur : quartiers "riches" et quartiers "défavorisés" sont entremêlés et donc séparés de quelques dizaine de mètres tout au plus.

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Enfin, le chemin séparant l'hôtel de la Place d'Armes est court, mais il nous fait prendre conscience des dénivelés importants qui caractérisent cette cité provinciale. Cusco, le "nombril du monde", la capitale de l'Empire inca, est en effet nichée au fond d'une cuvette dont elle tend à déborder. Il en ressort des rues systématiquement en pente ... et parfois très raides.

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Nous sommes toutefois bien dans une ville sud-américaine. Plusieurs éléments (ou clichés devrais-je dire) en apportent la preuve :

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Nous cheminons encore quelques mètres et débouchons sur la désormais célèbre « Plaza de Armas ». A l’image des autres villes que nous avons visitées au cours des sept derniers jours, cette appellation désigne le centre névralgique de la cité, l’endroit où tout se passe. Nous en avons la confirmation avec le défilé actuellement en cours.

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Celui-ci est organisé tous les dimanches sur cette place et il mobilise à chaque fois diverses institutions et corps de métiers. Les écoles et établissements scolaires sont très certainement les plus nombreux mais ils sont loin d’être les seuls.

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Les voyageurs de passage (dont je fais partie) seront surpris de constater l’ampleur de la mobilisation que peut générer une telle manifestation hebdomadaire. La foule est présente en nombre si bien qu’on se croirait presque un jour de fête nationale. Et le nombre de participants est impressionnant.

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Je relève également l’organisation extrême de cette manifestation. Tout semble réglé comme du papier à musique : l’orchestre s’est installé aux pieds des mâts des drapeaux en face de la tribune officielle, des adultes accompagnent et assistent les plus jeunes participants, les jeunes un peu plus expérimentés attendent leur tour patiemment avec leur formation (mais dans une atmosphère détendue) et les forces de l’ordre gèrent les contingences matérielles.

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La parade en elle-même ne parvient pas à captiver durablement mon attention. Après quelques minutes d’observation, je ne peux m’empêcher de regarder ailleurs. Je préfère observer les différentes scènes qui se déroulent autour de moi. Ces dernières sont à mes yeux beaucoup plus fascinantes.

Je remarque d’abord ces écolières qui déambulent tout autour de la place. Elles vont et viennent sans but apparent. Peut-être ont-elles déjà défilé ? ou peut-être vont-elles le faire plus tard dans la matinée ? En attendant, leurs mouvements désordonnés contrastent à mes yeux avec le « protocole » de la manifestation.

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L’attitude du public est également duale. Certains sont véritablement absorbés par le spectacle alors que d’autres semblent à peine avoir remarqué l’évènement :

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Cette dualité entre ordre et désordre atteint son paroxysme devant l’Eglise de la Compagnie :

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Lassés par l’agitation et le bruit, nous décidons d’aller faire une petite promenade dans le quartier. Nous rejoignons donc l’Avenida del Sol et commençons à la descendre sur une centaine de mètres. Nous découvrons alors une autre Cusco, avec ses édifices historiques, sa circulation, ses gens ordinaires et ses petits métiers, ...

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Nous bifurquons rapidement sur la gauche pour nous enfoncer encore plus dans la vieille ville. Au fur et à mesure que nous progressons, les véhicules et les passants se font un peu plus rares et l’architecture plus traditionnelle : grosses pierres, murs inclinés, portes trapézoïdales constituent autant de vestiges de l’époque inca tandis que les nombreux balcons témoignent de l’influence hispanique.

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La calle San Augustín est particulièrement significative à ce niveau.

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J’évoquerai ici aussi notre brève rencontre avec des Cusquéniennes en habits traditionnels. Leur sourire restera pour longtemps gravé dans ma mémoire … et sur ma pellicule. A l’inverse, je pense que certaines d’entre elles se souviendront également de moi (jugez-en par le regard de la plus jeune).

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Dommage que le lama sur sa gauche lui ait craché au visage juste après le cliché.

A l’issue de notre errance régénératrice, nous retrouvons la foule que nous avions laissée sur la Plaza de Armas (nous recroisons également nos Cusquéniennes au détour d’une ruelle). Le public et les participants sont toujours aussi nombreux et la parade se poursuit.

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J’apprécie en revanche de pouvoir admirer les faubourgs de la ville sur les collines alentours. La vue est réellement impressionnante : l’urbanisation est si dense et les espaces vierges si réduits…

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J’observe également quelques scènes de la vie quotidienne avant d’aller rapidement déjeuner.

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L’heure tourne et le rendez-vous avec Yuber approche à grands pas. Nous rejoignons donc l’hôtel où le groupe se reforme peu à peu. Chacun y va de ses anecdotes de la matinée. Puis Nico nous fait un briefing rapide avant de donner le signal du départ. Direction Saqsaywaman.

Situé au sommet d’une colline qui surplombe la cité, le site archéologique fascine et intrigue à la fois. Je suis en effet stupéfait par le gigantisme et l’ingéniosité des constructions humaines qui s’élèvent devant moi.

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Il faut voir la taille de ces blocs de pierre constitutifs du système de fortifications. Je me sens comme un lilliputien à leur pied.

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Et la grande esplanade centrale renforce encore davantage ce sentiment en « écrasant » les touristes qui se trouvent en son centre.

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Yuber nous explique que la très grande majorité des blocs pèse vraisemblablement plusieurs tonnes. Ils sont pourtant ajustés au millimètre près si bien que même une feuille de papier ne saurait être glissée entre ses interstices !

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Je suis impressionné par le bon état de conservation des lieux et ce, malgré la rudesse du climat, malgré les tremblements de terre, malgré les outrages du temps et des colons espagnols.

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Sur un autre plan, Saqsaywaman demeure aujourd’hui encore un mystère. Certains le considèrent comme une forteresse en raison de ses trois murailles étagées et en zigzag. D’autres y voient un temple du fait de la présence d’un centre cérémoniel à son sommet. D’autres encore considèrent qu’il remplissait les deux fonctions. Qui a raison ?

Au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur et gagnons les étages, je suis marqué par la démesure et la virtuosité des constructeurs incas. Les questions affluent dans ma tête : combien d’ouvriers ont donné leur vie pour concrétiser ce projet ? Comment ces énormes blocs ont-ils pu être hissés jusqu’ici alors que la roue était inconnue? Quelles sont les techniques utilisées pour réduire à néant les interstices entre pierres ? … Heureusement Yuber répond à bon nombre d’entre elles.

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Nous basculons alors sur l’autre flanc de la colline et découvrons un merveilleux panorama à nos pieds :

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D’ici la ville semble tentaculaire. Elle déborde même sur les collines alentours comme je l’évoquai plus haut. Je comprends pourquoi certains guides touristiques évoquent la « Rome des Incas » (Le Routard en particulier).

Une séance photos s’impose avant de retourner à ma contemplation. Puis nous prenons le chemin de la sortie car notre programme est encore chargé.

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Nous remontons dans le bus, rejoignons et traversons les faubourgs avant de gagner le cœur historique de la ville. La place de Limacpampa Chico où nous descendons ne paye pas de mine mais elle a le mérite d’être située à proximité du monastère de Saint Domingue que nous allons visiter.

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L’édifice semble à première vue très conventionnel avec son église et son cloître.

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Mais plusieurs détails font très vite comprendre sa spécificité : le monastère s’élève sur les vestiges de Qoriqancha, le Temple du soleil, l’« Enclos Doré ». En clair, il s’agissait de l’endroit où les incas accumulaient l’or de l’empire et du présumé site de fondation de la ville. Autant dire que c’était le lieu le plus important de l’Empire inca et que les conquistadors espagnols n’ont pas manqué de s’acharner sur lui.

Aujourd’hui, il subsiste un curieux mélange de deux styles très différents : les murs à l’inclinaison inca, les portes et fenêtres trapézoïdales cohabitent avec des chapelles et un cloître hispaniques,… Etrange synthèse artistique tout droit héritée du passé !

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Nous poursuivons notre chemin dans les rues du centre historique à la suite de Yuber dont les commentaires jalonnent le parcours. Je suis totalement subjugué par cette juxtaposition permanente des deux cultures (inca et hispanique) qui confère à la ville une atmosphère unique et un charme certain. Ce sentiment est d’autant plus prégnant que je n’avais pas mesuré la véritable ampleur de ce phénomène lors de notre promenade matinale.

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Au détour d’une des multiples ruelles, nous parvenons devant la fameuse pierre aux 12 angles ; un incontournable pour les touristes de passage. Nous ne dérogeons donc pas à la tradition même si je ne comprends pas bien l’engouement soulevé par cette pierre.

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De là, nous nous rendons à la Plaza de Armas. L'atmosphère y est radicalement différente en cette fin de journée. Et le soleil déclinant lui donne un autre visage, plus mystérieux. 

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Nous rejoignons directement la Cathédrale qui domine la place conjointement avec l'église de la Compagnie. C'est notre dernière visite prévue pour aujourd'hui.

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La cathédrale est en fait constituée de 3 églises accolées et qui communiquent entre elles (de gauche à droite : la Sagrada Familia, la cathédrale et l'église del Triunfo).

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La visite commence par la Sagrada Familia sur la gauche et dure au moins une heure le temps de parcourir les trois églises. Malheureusement les photos sont interdites à l'intérieur donc je ne pourrais vous donner une idée de la richesse de ces trois édifices. Je ne peux que vous conseiller d'aller y faire un tour si vous avez l'occasion de passer à Cusco. Vous y découvrirez de nombreuses chapelles, des retables, des toiles et du mobilier religieux très riches, très variés et très beaux. Je signalerai également la présence d'une statue du Christ noir qui fait l'objet d'une procession annuelle en remerciement de l'arrêt d'un tremblement de terre en 1850. C'est enfin un lieu privilégié pour découvrir les peintures de l'école de Cusco (et notamment la Cène version andine).

La visite se termine par une descente facultative dans la crypte où repose l'historien Garcilaso de la Vega, fils d'un capitaine espagnol et de la nièce de l'Inca Huayna Capac. A la sortie, Yuber nous donne quartier libre sachant que nous le retrouverons dans deux jours au chemin de l'Inca. Je le retiens quelques instants afin de compléter mon album photos.

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Pas mal avec l'église de la Compagnie en arrière-plan!

Je ne suis malheureusement pas parvenu à pénétrer dans cette autre église en raison de la tenue de messe à chacun de mes passages. La façade extérieure, baroque, est en tout cas vraiment très belle et très hispanique. Elle se dresse fièrement vers le ciel comme si ce bâtiment jésuite défiait la cathédrale voisine.

Je poursuis seul mes pérégrinations jusqu'à la nuit tombée puis rejoins mes quatre compagnons de ce matin à l'hôtel. J'apprécie pleinement ce moment de la journée où l'agitation tend à retomber, où l'éclairage public met en lumière des détails restés inaperçus et où des ombres fendent la nuit avant de s'évanouir.

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Nous nous retrouvons dans le hall de l'hôtel comme convenu puis nous décidons d'aller diner sur la Place d'Armes. Nous effectuons donc le chemin inverse jusqu'au centre et dénichons un petit restaurant sympa. Ce soir, certains d'entre nous ont décidé de se livrer à une petite expérience culinaire : le cuy. Cette jolie appellation désigne un plat traditionnel ici, à savoir le cochon d'Inde. Sensation garantie!

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Et encore, il s'agit du côté le plus appétissant...

Pour nous remettre de nos émotions (et pour clore cette journée), nous décidons d'aller faire une petite promenade nocturne. Nous partons de la Plaza de Armas et rallions la Plaza San Francisco non loin de là, en passant par l'église de la Merced.

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Nous faisons ensuite chemin inverse et regagnons notre hôtel et nos chambres pour une nuit bien méritée. Bonne nuit et à demain !

Posté par Pedro_el_alpaca à 12:00 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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